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Voyage
à Glasgow |
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Voyage
du Club Ville Aménagement, sous la responsabilité de Martin Meade
Les
29, 30 et 31 août 1999
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Siège d'évêché et dotée d'une université dès 1451, la ville de Glasgow
s'est développée autour de sa cathédrale du 12ème siècle, sur les
coteaux de la rive nord du Clyde. C'est après l'union des royaumes
d'Ecosse et d'Angleterre en 1707 que la ville prendra son essor. La
proximité de l'estuaire donnant sur la mer d'Irlande et l'Atlantique
la transformera en centre mercantile de l'Ecosse, puis en creuset
et plaque tournante de sa révolution industrielle. L'expansion urbaine
massive de Glasgow à partir de 1780 a crée un tissu quadrillé rapidement
densifié par un habitat d'immeubles collectifs et l'imbrication de
l'industrie. Le plan trame néoclassique s'est proliféré à l'américaine,
tranchant dramatiquement avec le relief des coteaux, sauf dans les
" beaux quartiers " milieu 18ème siècle à l'ouest où un aménagement
plus pittoresque épouse les contours et fait pénétrer espaces verts
et parcs.
L'industrie lourde (notamment navale et ferroviaire), les maisons
de commerce, les grandes banques et compagnies d'assurance propulsent
Glasgow du 19ème siècle " deuxième ville de l'empire britannique "
avec une architecture et des équipements à la mesure. 77 000 habitants
en 180, plus d'un million dès 1912 - une croissance qui a son revers
de surpeuplement et de taudification.
L'après Deuxième Guerre Mondiale en revanche confirme un déclin traumatisant
qui s'était profilé dans les années 20-30. Glasgow connaîtra les pires
déboires de la reconversion post-industrielle. Pourtant, dans les
années 50-60-70, la ville accélère son programme modèle de logements
sociaux pour atteindre une apogée de 145 000 unités, accompagné d'une
rénovation urbaine souvent brutale (78 281 logements démolis entre
1885 et 1979) avec réseau d'autoroutes à l'appui. Suivant une tradition
urbaine particulière à l'Ecosse. La municipalité était à cette apogée
propriétaire à près de 60 % du foncier de son territoire. Les ambitions
de cette rénovation seront finalement réprimées par la crise, l'hémorragie
de la population (aujourd'hui Glasgow compte 653 000 habitants) et
la contestation des habitants.
Cependant, depuis la fin des années 80, Glasgow connaît une renaissance
surprenante, quoique loin d'être achevée. In extremis, et malgré les
différences politiques des acteurs, des partenariats innovants réunissant
la participation des locataires et propriétaires, les secteurs public
et privé, les agences étatiques ou para-étatiques, la municipalité,
les promoteurs et entreprises, les milieux d'affaires et institutions,
ont bâti progressivement un nouveau projet urbain pragmatique. Ce
projet se fonde sur le réinvestissement du centre tant que sur des
grands ensembles délaissés de la périphérie. Mais il passe non seulement
par la régénération, le rétablissement ou la réhabilitation d'un tissu
urbain cohérent. En effet, le projet de Glasgow est fondé tout autant
sur la revalorisation des richesses culturelles de la ville et de
son patrimoine architectural méconnu, misant adroitement sur leur
potentiel attractif et économique.
Dans la foulée de la première expérience conjointe de requalification
de l'est glaswégien de 1976-1987 et du programme de ravalement du
centre historique, le " Festival des Jardins " de 1988 dans les anciens
docks marquait une première étape d'envergure. Sur le site, s'est
installé depuis le Centre des expositions et, tout récemment, le nouveau
palais des congrès, œuvre de Norman FOSTER.
Consacrée Capitale Culturelle de l'Europe en 1990 avec un budget municipal
et régional de 50 millions de livres sterling, Glasgow cette année
là a dégagé une injection de 80 millions de livres sterling dans l'économie
locale, grâce à l'afflux de 3 millions de touristes. Une véritable
industrie " culturelle et touristique " en est le résultat, appuyée
sur les atouts d'un patrimoine architectural dont l'œuvre néogrecque
d'Alexandre THOMSON et l'Art Nouveau singulier de C.R. MAKINTOSH sont
devenus les plus célèbres fleurons et sur le renouveau dynamique d'une
jeune génération de créateurs sortant des nombreuses institutions
scolaires, académiques et professionnelles de la ville. Le nouveau
quartier de Crown Street, les programmes de réhabilitation et de rénovation
du centre et les grands ensembles, lancés dans le cadre de 1990 sont
maintenant rejoints par les manifestations et réalisations associées
au titre de " City of Architecture and Design 1999 " que Glasgow a
remporté contre une très vive concurrence.
Cas témoin de la mutation des démarches d'aménagement et de réhabilitation
depuis les années 1980, Glasgow reflète une stratégie pragmatique
(d'aucuns diront opportuniste) sensible aux contraintes conjoncturelles,
fondées sur une diversité de partenariats et de montages, incitant
l'évolution des projets dans la durée - que ce soit la répartition
des opérations, le rééquilibrage et recentrage des centres commerciaux
ou l'imbrication innovante du culturel et de l'économique …

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