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Adaptation
des cultures professionnelles et des modes de faire
Le métier d'aménageur , tel qu'il
se définit actuellement en France, est l'héritier d'une histoire:
celle d'une très forte croissance urbaine conduite par l'État
pendant les " trente glorieuses ". Cette histoire a dessiné
une carte des acteurs , donné naissance à une culture professionnelle
et à des cultures d'entreprise.
Le contexte actuel est totalement différent:
on fait la ville sur la ville dans une interaction permanente
entre l'action publique, celle des collectivités territoriales
(qui remplacent de plus en plus souvent celle de l'État),
et l'intervention privée. Désormais, l'urbanisme est toujours
directement associé à l'économique et au social, les acteurs
se diversifient et la concertation prend une importance croissante.
Les savoir et les savoir-faire se transforment et la conduite
de l'action, longtemps organisée autour des métiers, s'inscrit
dans la technologie de la conduite de projets.
Partout en Europe de nouvelles configurations apparaissent
et , en France comme ailleurs, l'on observe une grande diversité
des manières de faire. Cela signifie avant tout que nous vivons
une période de grande innovation et d'ajustement au plus près
des situations et des acteurs locaux. Les solutions adoptées
dans un cas peuvent être d'une grande utilité pour d'autres
et les problèmes posés ont beaucoup de points communs: il
s'agit de passer d'un nombre limité de méthodes, applicables
dans des contextes divers, à une culture de la méthode permettant
de définir des solutions adaptées à partir d'un fond commun.
Dans ce nouveau contexte l'aménageur à la française peut être
inadapté ou même inutile. Il se trouve en tous cas souvent
en concurrence avec d'autres acteurs. Mais il peut, en évoluant,
se montrer particulièrement apte à assurer une fonction de
gestion de la commande et de coordination de projet dont tout
le monde affirme la nécessité.
A partir de l'expérience des membres du club et d'études menées
en son sein, cet atelier a trois objectifs :
Caractériser
les attentes à l'égard de cette fonction.
Faire le point de la situation actuelle
des aménageurs par rapport à ces attentes et aux grandes évolutions
actuelles.
Définir les réponses qui peuvent être
privilégiées.
1-
Des attentes convergentes
Lorsque l'on interroge les divers acteurs qui participent
à la production de la ville, l'on constate un quasi-consensus
sur la nécessité qu'une fonction de gestion de la commande
et de coordination de projet soit solidement assurée, de préférence
par un acteur unique. Cela n'est pas toujours le cas, mais
cette préoccupation existe partout (et pas seulement en France).
D'autres que les aménageurs peuvent le faire, mais, en France,
l'on admet très souvent qu'ils sont bien placés pour le faire.
Celui qui assure cette fonction est utile aux yeux de tous
:
S'il joue véritablement
un rôle d'interface avec le contexte , l'environnement du
projet, ce qui signifie qu'il soit capable de comprendre les
usages, les besoins, les modes de fonctionnement des usagers,
des habitants, des investisseurs, des commerçants etc. En
France, personne d'autre que l'aménageur ne le fait et celui-ci
ne le fait pas toujours: c'est un espace qu'il doit conquérir,
avec les encouragements des autres acteurs.
S'il dispose d'une réelle autonomie par rapport à l'administration
locale . Cette autonomie est souhaitée parce qu'elle permet
de bien jouer ce rôle d'interface et donc de prendre des risques
socio-politiques en charge. En même temps les responsables
(en particulier élus) locaux (qui la souhaitent cependant)
craignent qu'elle devienne trop grande et contre productive.
L'acteur qui en a la charge (en particulier s'il s'agit d'une
structure classique d'aménagement) doit donc la négocier.
S'il a la capacité d'intervenir en amont , dans la préparation
et l'élaboration de la décision. Personne attend pour autant
qu'il remplace les structures d'études de planification ou
de prospective mais l'élaboration d'une stratégie suppose
trois dimensions : connaître, faire des choix politiques,
et penser l'organisation de l'action. C'est pour cette dernière
dimension que l'on a besoin de lui.
S'il a une envergure suffisante, c'est à dire si l'on reconnaît
le caractère complexe de son intervention. Cette reconnaissance
est souvent floue, elle dépasse toujours la seule intervention
foncière et suppose soit que l'opération dont il s'occupe
soit reconnue elle même comme complexe, soit qu'il s'avère
capable de faire , non ce que d'autres ne peuvent pas faire
(pour des raisons juridiques ou économiques) mais ce que d'autres
ne savent pas faire.
Il est également légitime :
S'il est un acteur public, c'est à dire si , quel que soit
son statut juridique, son intervention est organisée autour
de préoccupations d'intérêt public. Il y a un consensus pour
souhaiter l'existence d'acteurs qui interviennent de manière
importante dans la production de la ville en ayant l'exigence
d'utiliser au mieux les ressources collectives, mais au service
d'objectifs communs, donc en adoptant un comportement radicalement
différent de celui des acteurs privés.
Cette demande très forte , y compris chez les privés, est
sans doute en partie liée à la crise récente, mais elle paraît
en outre fortement enracinée dans la culture française.
Si sa position est clairement celle de celui qui traduit des
objectifs en projets, ce qui suppose à la fois l'autonomie
et la subordination au politique dans une relation qui n'est
pas du tout celle du politique avec une administration.
S'il maîtrise des compétences (au sens d'ingénieries) qui
lui sont propres et qui sont clairement identifiables : non
seulement il fait ce que d'autres ne savent pas faire, mais
pour cela il dispose (en interne ou en réseau) des experts
qui garantissent la qualité de cette intervention. Sur ce
plan les attentes sont souvent déçues.
Trois capacités sont particulièrement stratégiques :
La capacité de montage :
Le montage d'opération (financier juridique etc.) est un savoir-faire
spécifique qui représente une valeur ajoutée. C'est une expertise
et pas seulement une responsabilité. Mais les contraintes
économiques, politiques, sociales, territoriales de l'action
la rendent incertaine et exigent une capacité de flexibilité
qui font évoluer le montage vers le management de projet.
En effet, celui-ci suppose maintenant une capacité d'analyse
des contraintes et des opportunités tout au long du déroulement
de l'opération.
La capacité de pilotage :
L'interaction entre programmation , conception et mise en
oeuvre s'est beaucoup complexifiée. L'on attend du pilote
qu'il soit capable de la contrôler et de l'organiser parfois
sur la longue durée. Il doit également être capable d'identifier
les acteurs professionnels et non professionnels pertinents
et d'organiser leurs interventions, non seulement dans le
rapport donneur d'ordre/prestataire mais dans une diversité
de mode de relations , qui vont du partenariat à la communication.
Globalement, il ne s'agit plus d'organiser des séquences linéaires
mais de gérer des aller-retour incessants entre des acteurs
qui peuvent être en grand nombre et dans des positions fort
diverses.
La
capacité de portage :
A coté des classiques portages fonciers et financiers, qui
ont joué un grand rôle dans la définition du métier d'aménageur,
d'autres formes de portage ont pris de l'importance et exigent
savoir faire et prise de risque, jusqu'à donner un nouveau
contenu au terme de portage:
Le portage du projet lui-même , c'est à dire la capacité à
garder le cap, à rester dans une logique ou à respecter un
concept sur la durée, ce qu'en définitive peu d'acteurs peuvent
faire facilement, y compris en étant capable de justifier
et de gérer les états successifs d'un projet.
Le portage de certaines expertises extérieures indispensables
au projet: du coté de la conception , de la commercialisation
ou autre on peut être conduit à faire appel à des expertises
très utiles mais dont l'effet n'est pas immédiatement visible
et qui est culturellement très éloignée des acteurs principaux.
L'acteur qui coordonne doit alors être capable de porter ces
expertises (notamment par rapport aux politiques) jusqu'à
ce qu'elle aient montré leur utilité.
Le portage du système d'acteur lui même, en d'autres termes
la capacité de mobiliser ou de remobiliser les acteurs concernés
par le projet sur la durée.
2- La situation des aménageurs
La culture professionnelle de l'aménagement: un patrimoine
parfois pesant...
Le modèle professionnel de l'ingénieur a été et reste dominant
chez beaucoup d'aménageurs . Il affecte les autres professionnels,
y compris les architectes, qui ont beaucoup de mal à ne pas
se situer par rapport à ce modèle. Celui-ci présente l'inconvénient
de rester très marqué par une " entrée technique " dans les
problèmes et parfois par la culture du chantier. En revanche,
beaucoup d'ingénieurs français sont formés aux techniques de
l'organisation et cela constitue une dimension incontestablement
positive de ce patrimoine. En fait la culture professionnelle
, la méthode des ingénieurs pèse moins lourd que les spécialités
qui sont habituellement les leurs: dans les structures d'aménagement
ils viennent presque tous des métiers de la construction et
du génie civil. Associé à ce modèle professionnel on constate
une forte domination d'une culture réglementaire qui laisse
peu de place à la culture du contrat. Ceci pèse au moins autant
que le modèle de l'ingénieur (et les deux sont souvent associés)
sur les manières de faire.
La culture de l'aménageur intègre l'importance de la coopération
mais la limite très souvent à un petit nombre d'acteurs: les
politiques, les architectes et les entreprises. Les autres acteurs
sont connus mais difficilement perçus comme des partenaires.
Cela s'invente - parfois difficilement - actuellement.
Les modes d'organisation ont longtemps privilégié le métier
(foncier et juridique, conduite d'opérations, financier, urbanisme...)
, ce qui correspondait à la sectorisation des politiques publiques.
La culture de la gestion de projet est d'introduction récente.
Enfin les cultures d'entreprise sont faibles (ce que justifie
souvent le statut des organismes d'aménagement) et, jusqu'à
maintenant toujours dominées par les cultures de réseaux (Équipement,
SCET...). La référence aux opérations que l'on conduit tient
souvent lieu de culture d'entreprise.
Des problèmes d'évolution...
Le modèle de " l'entreprise bureaucratique ouverte " (avec notamment
l'importance du statut et de la hiérarchie et la culture du
service public) qui tient une place importante chez les aménageurs
n'est pas très adapté à la demande.
Le modèle de " l'entreprise modernisée " (plus réactive et souple)
convient mieux , mais il ne peut se développer que dans un contexte
favorable ( masse critique, croissance permettant une gestion
des ressources humaines acceptable par tous).
On voit également apparaître un modèle de l'entreprise-réseau
, très efficace pour la mobilisation des compétences et l'adaptation
aux variations de rythmes de l'action , mais qui pose d'autres
problèmes de gestion. Dans tous les cas , un des points essentiels
est la place accordée à la culture de service public et surtout
le contenu de cette culture.
Pris entre des attentes diverses et complexes, parfois contradictoires,
les aménageurs ont parfois du mal à élargir leurs partenariats
et avoir une perception du système d'acteurs qui tiennent réellement
compte de la logique de tous leurs interlocuteurs. Les relations
avec les usagers (virtuels) sont d'autant plus difficiles que
le point de vue des organismes gestionnaires de l'usage (de
plus en plus présents) n'est pas toujours celui des usagers
finaux et que dans la conception française de la concertation
l'on confond souvent trois positions différentes: celle du citoyen,
celle de l'usager et celle du riverain.
Toutes les structures se trouvent confrontées au paradoxe suivant:
plus elles répondent aux attentes actuelles, plus elles sont
en difficulté pour obtenir une reconnaissance institutionnelle
(en particulier dans la définition de leur rémunération) de
leur professionnalisme.
En même temps l'introduction de compétences nouvelles crée des
difficultés. Tout le monde s'accorde pour dire qu'elles appartiennent
au domaine du négoce et de la négociation, de la gestion de
risque, de la communication, de la connaissance et de la maîtrise
d'ouvrage des expertises diverses (aussi bien en matière juridique,
financière, sociologique, ou que de conception), et plus généralement
de tout ce qui fait la technologie actuelle de la conduite de
projet. Un autre problème est de savoir comment l'on s'approprie
les cultures professionnelles correspondantes et ce que l'on
privilégie en interne, dans un réseau de partenaires (au sens
anglo-saxon) ou ce que l'on maintient dans un statut de simple
prestation.
Les évolutions produisent des tensions dans les structures ,
même lorsqu'il n'y a pas de problèmes de réduction d'activité.
Celles-ci ne suivent pas nécessairement les clivages des générations
, des spécialités ou des professions d'origine, en revanche,
pour des raisons diverses les vitesses de compréhension , d'acceptation
et d'adaptation aux nouvelles règles du jeu sont variables.
Cela pose des problèmes de formation qui se trouvent renforcés
par une plus grande difficulté de circulation entre les structures.
3- Quelques idées communes pour des réponses spécifiques.
Être un acteur :
Ne pas se confondre avec l'opération dont on s'occupe. Beaucoup
d'aménageurs ne sont identifiés que par une opération et, en
interne, ont tendance à renvoyer tous les problèmes à l'opération.
Cela empêche les équipes d'exister véritablement et d'être clairement
identifiables de l'extérieur.
Ne pas se réfugier derrière une définition purement juridique
et les fonctions que l'on exerce à ce titre . Un aménageur se
définit également par son savoir-faire , sa capacité d'intervention
ou de dialogue.
Ne pas se réfugier derrière le statut d'outil du politique.
Une SEM peut être un outil , l'équipe qui la fait fonctionner
non. Il reste à trouver un langage (et à le faire comprendre
par tous - y compris le législateur) pour exprimer une relation
caractérisée d'une part par la subordination au pouvoir élu
, d'autre part par l'autonomie. Ce type de relations n'est ni
celui du prestataire de service , ni celui de l'appareil administratif.
Il correspond vraiment à des attentes mais est très mal " théorisé
" ou exprimé.
Être capable de manifester son existence et en particulier de
communiquer.
Ceci pose un problème complexe, mais inévitable : pour entrer
pleinement dans la fonction de gestion de commande et coordination
de projet, les équipes d'aménagement doivent pouvoir développer
une culture d'entreprise relativement indépendante de la culture
de l'opération. Mais cette autonomisation ne s'inscrit pas bien
dans le cadre institutionnel actuel et peut y produire des dérapages.
Des solution restent à inventer.
Développer des compétences (ingénieries) spécifiques
Coordonner, négocier, consulter: il ne s'agit pas de fonctions
mais d'un ensemble de savoir faire, qui s'apprennent.
Les compétences que l'on peut mobiliser dans les opérations
urbaines se sont beaucoup diversifiées et, dans tous les domaines,
il existe des technologies nouvelles , très spécialisées et
souvent connues par un très petit nombre de prestataires. Savoir
repérer ces compétences, les utiliser , faire intervenir les
bons prestataires devient une véritable spécialité, qui associe
les techniques de la veille technologique, de l'évaluation ,
de la communication etc. Certains commencent à maîtriser cette
spécialité, mais il reste encore beaucoup à faire, en particulier
en combattant des représentations du savoir et des acteurs qui
sous estiment leur évolution permanente (que l'on limite trop
souvent aux effets de la réglementation) et leur flexibilité
(que l'on sous estime systématiquement).
La capacité d'articuler les trois dimensions essentielles: urbanistique,
économique et sociale.
La capacité de communiquer .
Celle de raisonner en termes de marketing et de commercialisation.
Ces ingénieries renvoient toutes à un corps de savoir et de
savoir faire essentiel : celui du management de projet , dans
tous ses développements récents, notamment importés de l'industrie,
qui sera la " sciences reine " des aménageurs pour les prochaines
années.
Elles n'excluent pas le maintien , voir le développement d'expertises
déjà présentes (en particulier d'ordre financier et juridique).
Savoir gérer les compétences.
Certaines de ces compétences donnent lieu à des développements
très spécifiques. Par ailleurs elles correspondent à des profils
dans lesquels le projet l'emporte sur le métier, ce qui entraîne
des conséquences concernant les profils de carrières: un bon
consultant (même dans une très grande firme) tire l'essentiel
de sa capacité de la diversité des situations qu'il a étudié,
un bon gestionnaire de projet doit nécessairement avoir occupé
des fonctions diverses, ce qui (avec la possession de techniques
professionnelles ouvertes) lui permet de traverser plus facilement
plusieurs cultures professionnelles, ce qui est indispensable
à la conduite de projet.
Ceci implique qu'existe des firmes suffisamment importantes
pour abriter des spécialistes " pointus " et organiser des carrières
diversifiées, soit qu'existe des réseaux qui puissent faire
cela , avec une Gestion des Ressources Humaines suffisamment
ouverte et dynamique.
Une autre question est celle de la formation , initiale (qui
forme véritablement à ce type de profils) et continue ( comment
optimiser celle qui aide au développement des nouvelles compétences)
et des échanges d'expériences à tous les niveaux entre équipes
d'aménagement.
Construction d'une culture et droit à l'expérimentation
Mais , il reste à savoir autour de quelle culture professionnelle
dominante se fera l'intégration et le gestion des nouvelles
compétences (et d'autres). La gestion de projet en sera le point
central, mais on ne saurait alors s'en tenir au modèle industriel
: la nouvelle culture de gestion de projets urbains suppose
d'abord la capacité de mener dans la durée des actions complexes,
matérielles ou plus immatérielles, donc d'organiser et d'intégrer
des expertises diverses et d' interagir avec beaucoup d'acteurs.
Mais elle y associe également le raisonnement social, la prospective,
l'analyse économique, la logique des services, l'approche "
sensible " et formelle ainsi que des valeurs émergentes, comme
celles du développement durable. La construction de cette culture
reste largement à faire et chaque pays européen peut y apporter
quelque chose.
Cet enjeu, important pour tous ceux qui vivent en ville , exige
l'innovation mais, dans la mesure ou personne ne détient les
solutions miracles ni ne peut indiquer la voie royale, l'expérimentation
est indispensable, y compris dans une perspective immédiatement
opérationnelle. Ce droit à l'expérimentation doit être reconnu
aux aménageurs et pouvoir être rémunéré.
Jean-Luc
Poidevin
Directeur de l'aménagement opérationnel
de l'EPAD
Alain
Bourdin
Professeur à l'institut français d'urbanisme

©
copyright 1999 - Club Ville Aménagement
Annexe
Quelques termes employés dans ce texte font l'objet de définitions
multiples, et même contradictoires, voici les nôtres :
Production de la ville: Pendant longtemps ce terme a
évoqué les espaces à urbaniser et les mètres cubes de béton.
Aujourd'hui il faut y ranger tout ce qui est action sur la ville,
y compris les ÈvÈnements urbains , la création de nouveaux services
ou de nouveaux mode de relation avec les habitants. En cela,
la production se différencie de la gestion quotidienne.
Culture professionnelle: l'ensemble des savoir et des
savoir faire, les ingénieries, mais aussi les idées que l'on
se fait de l'action, des relations professionnelles, les expériences
voire les personnalités emblématiques qui prévalent et qui sont
diffusés au sein d'une profession, notamment par les organisations
professionnelles et les instances de formation. On peut différencier
la culture d'une profession au sens strict du terme (architecte,
ingénieur du génie civil, avocat, médecin....) et d'un métier
au sens industriel du terme: métallurgiste, constructeur d'automobiles,
bâtisseur...aménageur.
Culture d'entreprise: Ensemble de normes , de croyances,
de valeurs, d'images , mémoire collective, qu'une entreprise
produit au cours de son histoire et qui sert à ses membres de
langage commun, de cadre de la vie quotidienne et de référence
dans les situations nouvelles. Ceci ne doit pas être confondu
avec la Culture d'opération. En effet, une opération, surtout
lorsqu'elle est importante, est l'occasion de la construction
d'une histoire (que l'on aime raconter) , parfois - par exemple
au départ - d'images fortes qui s'usent ensuite. Elle a ses
moments forts, ses personnages, ses techniques propres. Une
entreprise dont la culture se confond avec celle de l'opération
est moins apte à développer une dynamique interne et sans doute
à évoluer.
Projet: Ce terme possède actuellement au moins trois
significations:
Il définit le ou les objectifs que se donne un acteur , par
exemple un décideur public ou un industriel.
Traditionnellement , chez les architectes et les urbanistes,
le projet est la traduction formelle que le concepteur donne
de la commande qui lui est faite et qui est ensuite réalisée
par les divers prestataires. On dissocie alors fortement le
moment du programme, qui fixe des prescriptions, celui du projet
qui définit les solutions (et en particulier leur mise en "
formes "), celui de la réalisation. Dans cette définition le
projet s'applique à des opérations précises et bien délimitées
(immeuble, aménagement d'une zone).
Aujourd'hui un troisième sens prend de plus en plus d'importance,
à partir de l'expérience de l'industrie (la Twingo...) et des
nouveaux problèmes qui se posent à la production de la ville.
Le projet est alors d'abord une méthode d'organisation de l'action
en fonction d'objectifs qui lui sont donnés. Cette méthode consiste
essentiellement à organiser dans la durée et de manière souple
et réactive des intervention très diverses, en combinant des
orientations de départ bien définies mais relativement ouvertes
et une définition du contenu de l'action en même temps qu'on
la construit.
Le projet ne s'applique plus seulement à des opérations précises
, on parle de plus en plus de projet de ville, ce qui consiste
d'abord à faire travailler le plus possible d'acteurs ensemble
pour réaliser des objectifs communs qui sont précisés en cours
de route à partir d'orientations indiqués par les responsables
politiques.
La gestion de projet (sens 3) permet de réaliser les projets
municipaux (sens 1).

©
copyright 1999 - Club Ville Aménagement
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